à la Sanaga, ce fleuve mythique qui traverse mon pays comme un long chant d’espoir
Non, je n’irai pas déchirer la nuit sur le fleuve
Qui dort tranquille comme un coin de ciel sans nuages
Je n’irai pas la déchirer de mon regard impure,
Qui a commis tant de sacrilèges et tant de blasphèmes
Je n’irai pas la déchirer et tromper sa quiétude,
De mon apparente passivité,
Qui cache tant de tornades et de révoltes
Je lui demanderai juste un peu de son silence,
Pour reposer tranquille mon âme malade,
D’avoir tant subit,
La violence et la fureur de toutes mes folies…
Solitaire ténébreux,
Je viens en ses berges quêter
Un exile pour mon âme malade
Extrait de Les couleurs de la nuit, Edilivre, 2011